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Chausey apparaît actuellement à marée haute comme un ensemble d'îlots dont le plus grand - la Grande Île - n'a qu'une surface de 45 hectares. La basse mer agrandit considérablement le domaine accessible à pied, et lors des plus basses mers, l'archipel devient presque deux grandes îles, séparées par le chenal de Beauchamp, bordées d'écueils. |
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Tenter d'imaginer Chausey pendant la préhistoire, sans chercher cependant à remonter à plus de quelques centaines de milliers d'année, nécessite d'envisager des changements progressifs du niveau de la mer bien supérieurs à ceux que nous montre la marée. En effet, l'ère quaternaire qui a vu l'apparition de l'homme, est caractérisée par l'alternance de périodes chaudes et de périodes froides. Pendant les périodes froides, le niveau de la mer baisse, vraisemblablement du fait de la rétention des eaux dans les glaciers; ainsi, au maximum de la dernière glaciation, le niveau de la Manche était-il 100 mètres plus bas que l'actuel, autant dire qu'il n'y avait plus de Manche... Cette dernière glaciation, qui commença il y a 80000 ans, pour se terminer il y a 10000 ans, a connu, des épisodes plus doux, qui permettaient aux hommes de vivre sous nos latitudes, et des épisodes très froids qui rendaient la vie impossible dans nos régions. |
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Avec la fin de cette glaciation, la mer remonte progressivement, et Chausey est isolé du continent 6000 à 5000 ans avant JC. Mais Chausey se présente sans doute encore longtemps après, même à marée haute, comme une seule grande île. Le Chausey préhistorique qui nous reste accessible est une infime partie de ce qu'il fut, le reste étant sous l'eau, ou recouvert de sable, de vase; ces derniers siècles les îles ont eu à subir l'activité des carriers qui en extrayant le granit ont de toute évidence fait disparaître de nombreux vestiges. |
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La présence de l'homme en France est certaine il y a un million d'années. Dans le Massif Armoricain, l'on rencontre des sites du paléolithique inférieur qui ont environ 400000 ans. Les pierres taillées qu'ils livrent sont l'oeuvre des ancêtres des hommes de Neandertal. |
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Chausey livre quelques traces de la fréquentation de ces derniers, sous la forme de quelques éclats de pierre rencontrés sur les plages de certaines îles. Il s'agit surtout de silex, mais aussi de quelques roches locales, qui se prêtent à la taille. Ils ne peuvent pas être datés avec précision, mais pourraient avoir entre 80000 et 60000 ans. A peu de distance de Chausey existe de grands gisements de cette période: le Mont Dol où l'on a trouvé au siècle dernier de nombreux silex associés à des ossements d'animaux sauvages, et la Cotte Saint Brelade à Jersey; Le paléolithique supérieur qui voit l'arrivée de l'homme moderne en Europe n'est pour l'instant pas connu dans l'archipel. Il est très rare en Basse Normandie ( quelques silex de cette époque auraient été découverts à Granville ). On connaît des gisements en Bretagne, par exemple à Bréhat. |
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A la fin de la dernière glaciation, le climat se réchauffant, les forêts se développent, et les grands animaux qui vivaient dans les steppes disparaissent (mammouths, rhinocéros laineux...). Les hommes s'adaptent à ces modifications, transforment leur mode de vie, et leurs outillages de pierre, même s'ils restent encore des chasseurs. Cette période intermédiaire entre paléolithique et néolithique est appelée mésolithique. Les sites de cette période sont assez nombreux dans le Cotentin. On les rencontre sur des éminences rocheuses, les bords de falaise (même si la mer était encore bien plus loin que maintenant). La raison de ces emplacements, somme toute mal abrités n'est pas bien connue : possibilité de surveillance, zone naturellement défrichées? Ils fabriquent des petits outils de pierre que l'on appelle des microlithes, et sont destinés à être installés sur des pièces de bois qui servent de flèches. Quelques uns ont été trouvés autour du phare, cette partie la plus élevée de la Grande Île formant un promontoire qui dominait une vaste plaine. L'édification du phare et du fort a détruit le site. |
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Étudié par l'équipe d'Antoine Chancerel (Service Régional de l'Archéologie de Basse-Normandie), il se compose d'un cercle de pierres, encore en partie dressées, d'une douzaine de mètres de diamètre. Il n'est pas encore daté avec certitude. |
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Les autres témoins sont les nombreux éclats et outils de silex que l'on rencontre sur les grèves, presque partout où les actions de la mer et des carriers ont autorisé leur conservation. Les hommes ont taillé les galets de silex qu'ils ramassaient sur les plages. La majorité est constituée de simples petits éclats, mais certains ont fait l'objet de modification pour être transformés en outils, qui sont le plus souvent de petits grattoirs. Quelques rares haches polies ont été trouvées. L'on n'a pas actuellement mis en évidence de structure d'habitat. |
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Il reste donc beaucoup à découvrir, beaucoup à expliquer, beaucoup à comprendre sur l'activité humaine dans les îles en ces temps anciens. Lire le texte d'après Claude et Gilbert Hurel sur le peuplement des Iles Chausey. |
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